17 février 2008
La famille
Ce week-end, je suis en cure de réunion de famille. Normalement, j'y ai droit 2 ou 3 trois par an seulement mais ce week-end, il a fallu que j'assiste à 2 réunions de famille en 2 jours avec chaque côté de la famille...
C'est une chose curieuse la famille. Comment expliquer ce rapport si "spécial"que nous entretenons avec des membres issus du même arbre généalogique. Les gens que j'ai vu hier, j'ai beau les voir qu'une fois tous les 5 ans, et ils ne me connaissent pas au fond. Et bien malgré cela, ils m'apprécient. Hier soir, nous étions 11 à table avec comme seule "étrangère" l'amie de mon frère. Quand les deux dernières personnes sont arrivées, elles ont fait le tour de table pour saluer tout le monde. Ca passe par des embrassades..., même entre deux hommes..., ce qu'on ne retrouve pas dans d'autres relations autres que la famille. Mais comment expliquer qu'un gars qui ne m'a vu que 2 fois dans la vie me fait la bise alors qu'il serre la main de la petite amie de mon frère, qui est une fille ! Comme si c'était pour lui faire ressentir qu'elle était différente puisqu'elle ne fait pas partie de la famille ou peut-être par gêne, car il ne la connait pas. Mais en même temps, il ne me connait pas vraiment non plus, alors pourquoi me fait-il la bise?
C'est une étrange chose la famille. Vous n'avez jamais remarqué que lorsque l'on vous présente ou que l'on vous présentait quelqu'un en disant "vous êtes de la même famille.... (cousins éloignés ou autres)", notre regard et notre perception de l'autre change. Ce n'est plus un étranger, il passe définitivement de l'autre côté... Même si nous n'avons aucun point commun et que nous ne le reverrons peut-être qu'une seule fois dans tout le reste de notre vie, eh bien malgré cela, il y aura toujours ce petit quelque chose qui fait que nous le considérons autrement.
Comment expliquer que la famille nous rassure autant? La famille, ce sont des gens comme tout le monde, non? Les imbéciles, les détraqués, les malhonnêtes, on doit bien les retrouver quelque part..., dans une famille! Et pourquoi pas même, dans la nôtre ? Quand on voit quelqu'un de "la famille", on entre dans une atmosphère de confiance, cela nous rassure, nous protège. Mais pourquoi n'avons-nous pas aussi cette attitude avec de parfaits inconnus? Des gens que l'on croise dans le métro, à la boulangerie ou dans la rue? Qu'est-ce qui fait que l'autre nous est aussi étranger que le membre de la famille nous est proche alors qu'il peut être plus éloigné que cet autre qui nous parait a priori étanger et qui pourrait, en apprenant à le connaitre, se révéler être plus proche de nous? ...vous me suivez?
Je me suis senti bizarre en famille hier. Et demain, j'ai le droit à un nouveau tour, cette fois-ci avec une autre partie de la famille. Comment vais-je me sentir alors: étranger ou familier ?
24 janvier 2008
Le désœuvrement
Bon …ces derniers temps, on ne peut pas dire que j’ai beaucoup posté sur mon blog. Il faut dire que depuis que j’en ai fini avec mon stage, je ne sais pas quoi faire ! Et moi qui pensais avoir conquis ma liberté… Parce que là, mon libre arbitre me cantonne à choisir entre 3 lieux : ma cuisine pour aller manger quelque chose dans le frigo, mon séjour pour aller sur l’ordi ou zapper entre les différentes chaînes de télé, et enfin ma chambre pour aller y piquer un somme. Ce qui est assez maigre au final comme liberté...
Le temps passe mais je ne fais rien. Du coup, je me dis. « Tiens, tu ne fais rien,…pourquoi ne fais-tu pas quelque chose ? ….Oui, mais quoi…. ? » Quand on en arrive là, il y a de quoi de se poser des questions, non ? (ca me rappelle un de mes premiers posts…Inquiétant…)

Bon, il me reste encore un peu de lucidité et je n’ai pas encore totalement sombré dans la folie alors je vais en profiter pour vous raconter une petite anecdote qui m’est arrivé. Je dis petite anecdote car il n’y a rien de transcendant mais en même temps, vu que mon inspiration est enfermée dans une cage, ce n’est pas étonnant qu’elle n’ait pas grand-chose à se mettre sous la dent.
J’étais donc l’autre jour à la bibliothèque François Mitterrand. Je voulais en fait me motiver pour taper mon rapport de stage alors comme en restant chez moi, je n’y arrivais pas, je me suis dit qu’en allant dans un endroit studieux la motivation viendrait être. Et entre temps, j’avais trouvé un site qui propose aux gens de se retrouver autour d’une même activité. Alors je me suis dit pourquoi pas… Et donc, je me suis retrouvé dans cette bibliothèque un peu perdu au milieu de toutes ces salles. La personne qui s’était inscrite aussi par l’intermédiaire s’est posée à une table où il restait de la place et moi là où j’ai pu en trouver également. Bon, au bout de 2 heures, je n’avais pas écrit grand-chose : un beau paragraphe d’une dizaine de lignes tout de même mais c’est tout. Je pense que l’atmosphère était trop silencieuse pour moi. Bref, tout ça pour dire, qu’au final, on a pu discuter à la cafétéria de la bibliothèque. Ainsi, j’ai appris que cette personne préparait le concours de l’ENA tout en étant prof de philo. Mais j’ai dû un peu passer cette personne à l’interrogatoire pour le savoir car elle se contentait de dire, avec une curieuse pudeur, qu’elle préparait « un concours administratif ». Et j’avais pris çà d’abord comme une forme de modestie mais je me suis aperçu par la suite qu’il s’agissait plutôt d’une forme d’élitisme. En fait, elle était prof de philo par défaut car elle avait raté « Normale Sup (en Lettres) ». Et ce j’ai entendu par la suite m’a un peu fait halluciné. Elle était prof de philo dans un lycée moyen et jugeais inintéressant d’enseigner à de tels élèves qui n’écoutent pas et qui n’ont jamais lu un bouquin de leur vie. Alors moi, rien que pour la mettre mal à l’aise, je lui ai dit que je ne lisais jamais, ce qui est vrai du reste. Elle a enchaîné sans trop y prêter attention (car je devais être bien quand même pour elle, vu que je fais des études…) en me disant que même au niveau du langage, ils ne savaient même pas par exemple ce que voulait dire le mot « pernicieux » ! « Encore, « magnanime », on peut ne pas connaître mais « pernicieux »… » m’a-t-elle lancé avec désespoir.
Bon, dans ma tête, j’essayais de réfléchir pour voir si j’arrivais à définir ces 2 mots et non, je n’y arrivais pas, mais curieusement, je ne me suis pas senti bête pour autant (bon, en même temps, tout le monde se dit la même chose…).
La connaissance et l’intelligence, ce sont 2 choses distinctes, non ? Est-on obligé d’apprendre le dictionnaire par cœur pour être intelligent et réfléchir ? C’est comme si pour certains, il existait des codes universels à maîtriser (connaître certains mots de vocabulaire, avoir lu tel « classique » ou aller à l’opéra…) pour être intelligent et être digne qu’on nous adresse la parole.
Comment peut-on être prof de philo et renoncer à vouloir faire progresser l’autre dans la réflexion. Que Pierre-Alain Frau, ex-joueur du PSG, ait renoncé et ait baissé les bras, soit…, passe encore ! Mais un prof de philo vis-à-vis de ses élèves ! Il ne me semble pas que Socrate se disait vis-à-vis de ses interlocuteurs que ça ne servait rien, qu’ils étaient déjà condamnés, et qu’ils étaient stupides ? J’ai retenu ça de mes cours, mais si elle est prof de philo, je suppose qu’elle doit le savoir aussi… Et pourtant…
C’est triste de voir que des gens perdent toutes leurs illusions, si tant est qu’ils en aient eu un jour…
Donc elle préparait son concours de l’ENA mais sans objectif, sans autre but que celui d’avoir un bon classement du concours qui déterminera ses possibilités de choix pour son futur poste. Donc en gros, ce qu’elle veut, c’est faire l’ENA et c’est un objectif en soi apparemment. Derrière ça, il n’y a même pas d’idéal, se dire, je vais mettre mes capacités intellectuelles au service mon pays. Non, plus tard, son objectif sera derrière elle : avoir eu comme objectif de faire l’ENA, ce qu’elle aura peut-être réussi… Ses proches ou personnes du même acabit diront « C’est bien, elle a de l’ambition, c’est quelqu’un de bien » Car oui, pour certains, l’ambition n’est que professionnelle ! Mais l’ambition, ça ne peut pas être une ambition intellectuelle, relationnelle ou encore altruiste ? Ca ne compte pas ça ?
On appelle ça l’élitisme. Mais on n’y donne pas tous la même connotation.
08 janvier 2008
Retour sur soi

Aujourd’hui, je me suis levé vers 14H30. Voilà une semaine que je suis rentré du Mexique et je me suis toujours pas réadapté à l’heure française. Je me couche donc tous les jours vers 5H du matin soit environ 22H heure de là-bas. Mais le problème, c’est que ça a complètement déséquilibré mon rythme biologique puisque je mange aux heures « normales » alors que mes heures de sommeil sont décalées. Résultat : je me suis levé aujourd’hui avec une horrible mal de tête. En fait, je ressentais la même sensation que lorsque l’on s’amuse enfant à tourner en rond sur soi-même pour perdre le sens de l’équilibre. Ca m’a fait la même chose et pendant plusieurs heures. Et je sais que si je repousse le moment de me coucher à chaque fois, c’est parce que j’ai le sentiment de pas avoir eu une journée remplie. Alors en retardant ce moment, j’entretiens l’espoir qu’il m’arrive quelque chose, que je n’ai pas perdu mon temps.
Bref, tout ça pour dire que pour essayer de chasser ce mal de tête, j’ai décidé de prendre l’air. Je suis sorti de chez moi et j’ai marché pendant plus de 2 heures dans la ville dans laquelle j’ai vécu toute mon enfance . Ca fait toujours bizarre de retrouver certains endroits que l’on a connu et que l’on redécouvre avec d’autres yeux en essayant de se souvenir de moments passés.
Cette marche a été pour moi un moyen de faire une petite synthèse, un bilan personnel. Et cette marche m’a permis de faire un retour sur moi-même.
Tout d’abord, c’est simplement la vue de 2 grands peupliers sur le chemin que j’ai emprunté qui m’a rappelé le temps où j’allais faire du golf avec mon frère le mercredi quand j’étais petit. C’est drôle comme l’on peut associer certaines sensations ou certaines images avec des souvenirs.
Je suis passé ensuite dans la forêt tout en écoutant de la musique. En écoutant 2 morceaux de Madonna « Frozen » et « The Power of Good Bye », je me suis souvenu que j’écoutais ces titres quand j’étais au ski petit.
La forêt est située sur une hauteur, ce qui fait que l’on peut surplomber en lisière de forêt Paris avec la tour Eiffel située à une vingtaine de kilomètres. Je la voyais au loin scintillant dans la nuit tombante avec les autres lumières urbaines environnantes. C’est comme si ce recul physique que l’on a sur des éléments de la vie courante permettait d’effectuer un recul d’ordre intellectuel sur les choses. Cela permet de relativiser les choses, on observe de loin, on se place d’un certain côté du tableau et on peut l’analyser.
Je me suis senti bien, et j’ai trouvé ce moment très beau.
Si j’ai besoin de toute cette nostalgie, c’est que j’ai oublié qui j’étais. Avec le temps, c’est comme si je m’étais coupé de moi-même. J’ai donc besoin de me retrouver pour savoir qui je suis. Lorsque l’on grandit, on essaie de fuir certaines choses, d’en découvrir d’autres. Le risque peut être au final d’oublier sa personnalité. Certains éléments extérieurs nous conduisent aussi parfois à nous couper de notre personnalité. Ainsi, j’ai besoin de me reconstruire.
Récemment, je me suis rendu compte qu’à force de vouloir remettre en cause tout ce que j’avais pu apprendre, toutes les influences que j’avais pu recevoir, j’en étais venu à penser que la vie n’avait pas vraiment de sens. Je me disais que si par exemple j’aimais pratiquer telle activité, que j’adoptais tel comportement social par exemple, c’était parce que j’avais reçu une certaine influence (de la société, de la famille ou autre) et que par conséquent, si j’avais reçu une autre influence, j’aurais agi encore d’une autre manière. Et cela m’a posé un problème, car je n’ai pas supporté cette idée que tout n’était que contingence. Ainsi, j’ai rejeté le fait que je puisse avoir certains désirs en me disant par exemple qu’il était stupide d’aimer le vélo. Je crois aussi que c’est dû au fait que je me disais que ce genre d’activité ne servait à rien. Quel est le sens de faire du vélo ?
D’un côté, j’ai rejeté ce mes influences et de l’autre, je me suis mis à remettre en cause et à nier le sens des choses.
Bref avec tout ces raisonnements, sans m’en apercevoir, j’étais tombé dans une spirale de réflexion me faisant plonger dans le nihilisme. La vie n’avait donc pas de but, pas de sens puisque je ne pourrais jamais changer vraiment les choses, comme un grand homme politique au sens noble du terme ou comme un grand intellectuel pourrait le fait. Et même ces personnages, ont-ils vraiment le pouvoir de changer les choses. Je crois que j’ai souffert d’une frénésie d’envie de changer le monde d’une manière totalitaire.
Quelque chose m’a paru ne pas tenir dans le raisonnement. Cela ne pouvait pas tenir. Après quelques recherches, j’en suis à conclure que la vie peut sembler ne pas avoir de sens. Pour lui donner un sens, il faut VOULOIR lui donner un sens. Je pense que c’est par là que l’on peut résoudre l’équation. Il faut avoir comme constante de chercher le sens et de se battre pour le chercher et de donner sens ainsi à notre existence. Car je crois que le nihilisme, cela consiste en un renoncement, un renoncement de la volonté.
Et je crois que les textes que j’ai écrit récemment sur ce blog ont été pollués par cette pensée négative. Et si je devais les réécrire, je ne pense pas que mon point de vue serait le même. C’était inapproprié par exemple de critiquer ces gens dans mes articles que je jugeais méprisables.
Je me suis fait cette réflexion lors d’un dîner entre amis. J’étais assis à côté d’une personne que je ne connaissais pas avant et que je trouvais assez banale dans le sens où rien ne permettait de penser dans ses propos qu’elle avait quelque chose de particulier en elle. Et lorsque qu’elle s’est mise à me parler, je me suis rendu compte, qu’elle était en fait d’une grande intelligence, d’une capacité à comprendre et analyser l’environnement.
Comme quoi il ne faut jamais renoncer à chercher ce qu’il y a de beau dans la vie. La perception que l’on a de la vie, c’est un état de l’esprit en fait. La vie peut être belle et avoir du sens, mais pour cela il ne faut pas renoncer à vouloir.
02 janvier 2008
Mon voyage au Mexique
Voilà presque 2 semaines que je n’ai rien écrit et pour cause : je suis parti en voyage.
Mais au fait, qu’est-ce qu’un voyage ? Apparemment, ça paraît évident et on pourrait se dire que c’est un mot tellement courant qu’il n’y a pas besoin de le définir : « Ben….le voyage, c’est un voyage quoi ! » Et pourtant si! Car la semaine que je viens de passer lors de ces vacances me pousse à vouloir rappeler (ou au moins tenter) ce qu’est le voyage, le vrai ! Je vais vous dire où je veux en venir.
Auparavant, un petit aparté s’impose. Je me souviens qu’un jour ma prof de français nous avait parlé en classe de 1ère de Montaigne. Pour lui, la meilleure façon de voyager est de partir vers l’inconnu et de se mêler aux autochtones et non de rester parmi ses semblables (c’est à dire dans la facilité, qui nous rassure).
Et encore, Montaigne ne connaissait pas les tour operators et les touristes du XXème (et XXIème siècle même) lorsqu'il a eu cette réflexion.
Et donc pour en revenir à mon histoire, cette semaine, je devais « voyager »…En effet, pour Noël, mes parents et mon frère voulaient partir vers une destination lointaine « mais pas la République Dominicaine, parce qu’on l’a déjà fait ». Alors ce sera, le Mexique ! Notez bien que le choix de la destination possède une importance primordiale car une plage du Mexique, évidemment, est sensiblement différente d’une autre plage tropicale…
Bref, lorsque j’ai eu connaissance de cette annonce, je n’ai pas voulu m’emballer et maintenant que la semaine s’est déroulée, je me dis que je n’ai pas eu tort…
A mon arrivée, la première chose qui m’a frappée, c’est la ressemblance quasi-exacte de l’hôtel avec celui dans lequel j’étais allé un an plus tôt mais qui se trouve pourtant à des milliers de kilomètres, en République Dominicaine. Déjà, à l’arrivée, ça commence par le petit bracelet que l’on fixe à notre poignet qui nous permet de manger et boire à volonté 24H/24H dans ….les restaurants qui sont les mêmes dans les 2 destinations avec presque les mêmes buffets agencés de la même façon avec des mets assez semblables. Je retrouve également la même animation avec le cuisinier qui prépare les omelettes devant les yeux du touriste qui peut personnaliser sa préparation d’œufs avec différents ingrédients.
Notez déjà que cela fait beaucoup de « même »…
Maintenant, venons-en aux activités : on retrouve le même type de piscine aux formes arrondies et au bar aménagé dans l’eau avec des tabourets sous-marins. On retrouve aussi les mêmes ateliers-vente de produits artisanaux, les animateurs G.O., les animations-spectacles, les cours de plongée dans la piscine etc…
C’est comme si ce genre d’hôtel fonctionnait comme une franchise à la Mc Do. Mais ici, le pire, c’est que je n’étais pas dans une chaîne d’hôtel et rien n’explique le fait que tout semble ressembler à l’endroit où je me trouvais en République Dominicaine. Parce que dans le cas du Mc Do, tous les lieux doivent être similaires et correspondre à un cahier des charges. Mais ici, qui dicté le cahier des charges ? C’est comme si on concevait les hôtels en fonction des supposées attentes des touristes. Non pas que cela paraisse absurde que l’on en tienne compte mais de là à ce que le touriste impose sa loi … Mais en même temps, ce sont les touristes qui choisissent dans les catalogues et ce sont eux qui choisissent d’aller dans des endroits qui se ressemblent où ils seront installés confortablement et où il n’auront pas de mauvaise ou pas de surprise tout court. C’est un peu comme si le touriste venait retrouver des choses qu’il a déjà chez lui mais avec simplement un cadre différent qui lui permet de dire qu’il est parti en vacances, qu’il a été dépaysé.
Tout ceci me laisse vraiment perplexe et profondément triste car ici, en fait, rien n’est EXOTIQUE sauf peut-être les fruits proposés au buffet. Et sans exotisme, est-ce qu’on peut encore parler de voyage ? Quand je voyais les gens autour de moi, j’aurais voulu lire sur leur visage de l’étonnement, de la fascination, de l’interrogation. Et je ne pouvais lire rien de tout cela, car il n’y avait justement rien d’exotique. Et c’est là que je repense à Montaigne qui nous invitait au voyage, le vrai voyage.
Comment peut-on en arriver à vouloir voyager et paradoxalement retrouver un certain formatage ? A quoi sert de voyager de cette façon ? Quand j’y pense, je me dis qu’il faut être un peu fou pour faire 10000 km en avion, entassés comme des cochons en batterie prêts à se goinfrer de clichés. Certes, on se repose, on prend en photos les quelques palmiers et on profite du soleil qui nous « donne bonne mine », mais… c’est tout. Tout çà donc, pour avoir une semaine de soleil et de chaleur parmi les 10, 15 ou plus semaines d’hiver ? Mais si on y va que pour une semaine de soleil, ne peut-on pas attendre le retour du beau temps tout simplement tranquillement chez nous? Ca me fait un peu penser au consommateur aisé qui mange des fraises en hiver pour son petit besoin égoïste sans se soucier des conséquences écologiques du transport que cela induit. Quand on voyage de cette façon, il y a certes les conséquences écologiques mais je m’interroge surtout sur l’utilité et le sens d’un tel « voyage » où l'on ne découvre un pays qu'avec une vue biaisée et étriquée, comme quand on regarde par le judas d'une porte. N'ayons pas peur et bousculons-nous! Sortons de chez-nous, de nos habitudes et de nos clichés pour aller à la rencontre de l'inconnu !
Pour conclure donc, cette semaine, j’ai « voyagé », voyagé un peu comme une fraise mais en opérant le trajet inverse puisque c’est moi qui suis parti au soleil. Ce qui me réconforte, c’est que contrairement à la fraise, moi je suis revenu chez moi et j’espère bien pouvoir repartir mais cette-fois-ci, plutôt que de faire 10000 kilomètres tout en restant en réalité chez moi, ce sera pour VOYAGER !

19 décembre 2007
La dernière fois et la première fois

Demain, c’est la dernière fois où je devrai me rendre à mon stage.
Demain, c’est la dernière fois où je devrai lutter contre mon voix intérieure qui me dit ne pas aller travailler pour la journée.
Demain, c’est la dernière fois où je devrai errer dans les transports en commun parmi toutes ces pauvres âmes errantes, errant après
Demain, c’est la dernière fois où je devrai commencer une journée en souhaitant qu’elle soit déjà terminée.
Demain, c’est la dernière fois où je devrai lutter contre moi-même pour répondre par un sourire aux blagues pas drôles que me fait ma supérieure.
Demain, c’est la dernière fois où je devrai renoncer à mes convictions et ma personnalité en sombrant dans l’aliénation.
Demain, ce sera la première fois où je ne pourrai plus me cacher derrière mes obligations matérielles pour refuser de faire ce que mon moi profond me dit de faire et où je serai seul face à ma conscience et ma supposée liberté.